La révision des recettes publiques occupe une place centrale dans les explications du gouvernement sur la LFR 2026. Dans L’As du 26 octobre, le ministre des Finances Cheikh Diba attribue une grande partie de l’ajustement aux résultats inférieurs aux prévisions du Plan de redressement économique et social.

Le ministre fait état d’une baisse globale de 340,3 milliards de francs CFA des recettes attendues. Il indique que les administrations fiscales et douanières dépassaient leurs objectifs cumulés de 81,2 milliards à fin septembre, ce qui aurait amorti une partie du manque à gagner. Le Premier ministre mentionne, pour les encaissements du PRES à cette date, 173 milliards et le report de 295 milliards de dépenses associées.

Pour financer les engagements de l’État, Cheikh Diba privilégie la poursuite des mobilisations sur le marché régional. Il évoque aussi un stock d’arriérés stabilisé à 1 956 milliards, avec 300 milliards prévus dans la LFR pour leur apurement progressif.

Ces montants ne décrivent pas tous la même réalité. Une prévision annuelle, un encaissement constaté à une date donnée et un objectif révisé pour la fin de l’année ne peuvent pas être comparés comme s’il s’agissait de trois résultats définitifs. La période couverte et le périmètre des recettes sont indispensables pour comprendre les écarts annoncés.

La même distinction vaut entre le financement de l’État et ses recettes ordinaires. Lever des ressources sur un marché financier apporte de la trésorerie, mais crée également une obligation de remboursement. L’opération ne remplace donc pas durablement la capacité à percevoir les recettes nécessaires au fonctionnement des services et à l’exécution des investissements.

Le paiement des arriérés constitue, quant à lui, un lien direct entre les finances publiques et l’activité économique. Il peut permettre à des entreprises d’honorer leurs propres engagements, de reprendre des approvisionnements ou de poursuivre un chantier. L’enveloppe annoncée doit toutefois être distinguée du montant effectivement versé et de la réduction finale du stock.

Le suivi de ces arbitrages reposera sur les résultats de l’exécution budgétaire. Les chiffres présentés lors de la conférence de presse traduisent la position du gouvernement à ce stade. Leur portée économique se mesurera dans les encaissements, les paiements et la continuité des prestations publiques au cours des prochains mois.

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