Entre 2006 et 2025, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) a produit 12 573 publications scientifiques, soit 44,8 % des 28 045 travaux recensés au niveau national. Ces données figurent dans le rapport « État de la recherche scientifique sénégalaise, 2006-2025 », consacré aux institutions, disciplines, collaborations et performances du pays.
L’Ucad arrive nettement devant l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, créditée de 3 257 publications. Le ministère chargé de l’Environnement en totalise 2 257, tandis que l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra) en compte 1 963.
Une production concentrée dans un nombre limité d’institutions
Le document décrit un système de recherche fortement concentré. Quatre établissements assurent à eux seuls 71,5 % de la production scientifique nationale. Dix institutions couvrent 80 % du corpus parmi celles qui ont atteint le seuil de 150 publications.
Cette répartition confirme le poids majeur des grandes structures dans le volume de travaux publiés. Mais le rapport distingue cette mesure quantitative de l’influence scientifique des publications, évaluée à partir d’un impact normalisé tenant compte des citations obtenues par rapport à la moyenne mondiale du même domaine et de la même année.
D’autres organismes en tête sur l’impact
Selon cet indicateur, le Centre d’étude régional pour l’amélioration de l’adaptation à la sécheresse (Ceraas) affiche un score de 4,17. Il est suivi du Centre de suivi écologique (3,64), de l’IRD-Sénégal (2,84), de l’Institut Pasteur de Dakar (2,73) et de l’Isra (2,18).
L’Ucad obtient pour sa part un impact normalisé de 1,33. Ce niveau reste supérieur à la référence mondiale fixée à 1, mais inférieur à la moyenne sénégalaise, établie à 1,443. L’université représente également 13,2 % des publications sénégalaises classées parmi les plus citées au monde.
Un enjeu pour le financement de la recherche
Le rapport souligne que les organismes les plus productifs ne sont pas automatiquement ceux dont les travaux ont la plus forte visibilité internationale. L’IRD-Sénégal, le Centre de suivi écologique, l’Institut Pasteur de Dakar et l’Isra affichent ainsi des niveaux d’impact supérieurs à celui de l’Ucad.
Son auteur, le Dr Abdou Bekeu Sow, estime que ce constat doit être pris en compte dans la politique scientifique. Un financement fondé principalement sur le volume de publications pourrait, selon l’analyse présentée, favoriser les structures déjà les plus productives sans soutenir à la même mesure les unités dont l’influence scientifique est la plus élevée.
Ce que disent les lecteurs
Les contributions les plus récentes apparaissent en premier.
Soyez le premier à commenter
Lancez la discussion : votre avis peut aider d’autres lecteurs à mieux comprendre le sujet.
Écrire le premier commentaire