Le juriste-constitutionnaliste Seydina Mouhamadou Malal Diallo estime que la prévention des censures et des irrecevabilités touchant certaines initiatives parlementaires passe par une meilleure connaissance des règles et par un accompagnement juridique plus structuré des députés.
Dans une contribution relayée par Xibaaru et reprise par Senego, il relie ces décisions à une méconnaissance de la Constitution, des lois, du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale et des procédures applicables. Selon son analyse, la répétition de tels manquements peut faire prévaloir le rapport de force politique sur le respect du droit dans l’initiative parlementaire.
Un enjeu de crédibilité pour l’institution
Seydina Mouhamadou Malal Diallo considère que ces censures peuvent aussi affecter l’image de l’Assemblée nationale. Elles sont susceptibles, selon lui, d’alimenter dans l’opinion l’idée d’un Parlement travaillant davantage dans l’improvisation que dans la rigueur juridique.
Il plaide ainsi pour une professionnalisation du soutien technique et juridique apporté aux élus. L’objectif serait de mieux préparer les propositions de loi, les amendements et les autres initiatives soumises au travail parlementaire.
Repenser la mission des assistants parlementaires
Au centre de sa proposition figurent les assistants parlementaires. Le juriste estime que leur rôle ne devrait pas se limiter aux tâches administratives, mais inclure la préparation des textes, leur analyse et leur sécurisation juridique.
Il relève cependant plusieurs insuffisances dans ce dispositif : un statut qui manquerait de clarté, l’absence de formation continue et des moyens dédiés encore limités pour l’appui législatif.
Former élus et collaborateurs
La formation des députés devrait notamment couvrir la légistique, le droit constitutionnel, le droit parlementaire et la procédure législative, selon Seydina Mouhamadou Malal Diallo. Cet accompagnement devrait débuter dès l’entrée en fonction et s’inscrire dans la durée, plutôt que de se limiter à des sessions ponctuelles.
Une session à l’intention des membres de la Commission des Lois de l’Assemblée nationale s’était déjà tenue le 17 avril 2026, avec l’appui de l’ambassade du Royaume-Uni au Sénégal, d’ONG 3D et du Collectif des Organisations de la Société Civile pour les Élections. Son ouverture avait été présidée par Marie Rose Khady Fatou Faye.
Pour le juriste, un meilleur outillage des députés et de leurs assistants contribuerait à améliorer la qualité du travail législatif, à réduire les risques de censure et à consolider l’État de droit.