La plateforme de la diaspora AARTU/C2D, pour Convergence pour la Défense des Droits, a rendu publique à Paris, le 28 août 2026, une déclaration dénonçant ce qu’elle présente comme des « dérives » dans la conduite des affaires publiques au Sénégal. Le texte, préparé après une visioconférence tenue le 22 août, réunit plusieurs formations et responsables de l’opposition.

Selon les éléments rapportés, figurent parmi les signataires l’APR de Macky Sall, le PDS de Karim Wade, Nouvelle Responsabilité d’Amadou Ba, Rewmi d’Idrissa Seck, ainsi que des formations associées à Thierno Alassane Sall, Aïssata Tall Sall, Bougane Guèye Dany et Barthélémy Dias.

Des accusations sur la gestion publique

Dans cette déclaration, l’organisation met en cause la gestion de l’ancien Premier ministre. Elle évoque notamment 5 milliards de francs CFA qui, selon elle, auraient servi à indemniser de supposés martyrs avant toute procédure judiciaire établissant les responsabilités.

AARTU/C2D cite aussi le dossier de l’ASER, qu’elle considère comme non élucidé, et l’existence de 1,7 milliard de francs CFA de fonds politiques, dont elle demande des précisions sur la périodicité. La coalition dénonce par ailleurs une utilisation présumée de fonds destinés à la Casamance pour l’acquisition de véhicules de fonction.

Libertés, institutions et difficultés sociales

Sur le plan des droits humains, les signataires qualifient certaines détentions d’arbitraires. Ils critiquent également le fonctionnement de l’Assemblée nationale, qu’ils jugent dégradé par le poids de la majorité et la qualité des débats.

Le communiqué fait aussi état du chômage des jeunes, de difficultés économiques et de la situation des populations rurales confrontées, selon ses auteurs, à un hivernage déficitaire dans plusieurs régions. La plateforme estime que « la République est en danger » et que l’État vacille sur ses fondements.

Un appel aux forces politiques et civiles

La coalition mentionne la décision du Conseil constitutionnel ayant déclaré irrecevable une proposition de loi sur les fonds spéciaux, y voyant un motif supplémentaire d’inquiétude. Elle appelle la diaspora, la société civile et les forces politiques à se mobiliser autour d’exigences de transparence, d’éthique et de bonne gouvernance.