Une restructuration de 5 milliards de dollars d’euro-obligations, équivalant à près de 2 830 milliards de FCFA, est envisagée dans le cadre d’un programme présenté par le gouvernement sénégalais avec le Fonds monétaire international (FMI), selon Bloomberg, cité par Dakaractu. L’annonce a entraîné un repli immédiat des titres sénégalais déjà fragilisés sur les marchés, rapporte l’agence.

Dakar n’a pas annoncé de défaut de paiement. Bloomberg souligne toutefois que les pays ayant sollicité le Cadre commun du G20 ont, jusqu’ici, suspendu le remboursement de leur dette pendant les négociations d’allègement. Un paiement d’intérêts sur une euro-obligation est attendu le 13 septembre.

Des obligations sous pression

Les obligations arrivant à échéance en 2048 ont gagné 0,3 cent pour atteindre 49,78 cents, tandis que celles de 2031 se situaient à 51,28 cents. Des opérateurs cités par Bloomberg attribuent ce mouvement à des rachats de positions courtes, plutôt qu’à une amélioration des fondamentaux.

Le ministre des Finances, Cheikh Diba, a indiqué aux investisseurs que le Sénégal entendait recourir à une version « améliorée » du Cadre commun, avec des échanges d’informations plus précoces entre créanciers et des délais raccourcis. Une réunion réunissant créanciers multilatéraux, bilatéraux et privés sous l’égide du FMI est envisagée lorsque les travaux techniques sur la soutenabilité de la dette auront suffisamment progressé.

Le cas des swaps de rendement total

La dette libellée en francs CFA ne serait pas incluse dans la restructuration, selon Bloomberg. En revanche, le traitement des swaps de rendement total (TRS) conclus avec First Abu Dhabi Bank et Africa Finance Corp demeure incertain. Ces instruments, assimilables à de la dette, pourraient compliquer les discussions, estime Martin Kessler, directeur exécutif du Laboratoire de finance pour le développement à l’École d’économie de Paris.

Bloomberg rappelle que les négociations menées dans le cadre du dispositif par la Zambie, le Ghana et l’Éthiopie ont été longues. Le Sénégal pourrait ainsi constituer un nouveau test pour la coordination entre créanciers publics et privés.