Moustapha Guirassy distingue la réduction des autorisations d’engagement de celle des crédits utilisables en 2026. Lors de la conférence de presse gouvernementale du 25 octobre, le ministre de l’Éducation nationale a défendu les choix budgétaires du secteur. Son intervention est rapportée par L’As.
Selon les montants présentés, les autorisations d’engagement diminueraient de 171,7 milliards de francs CFA. La baisse des crédits de paiement atteindrait 31,3 milliards, soit environ 3,2 % du budget initial. Le ministre indique que les investissements, notamment certaines constructions et opérations d’équipement, concentrent une partie des reports.
Il évoque parallèlement un projet de fonds autonome soumis au président de la République pour diversifier le financement de l’éducation. Il réaffirme l’objectif de 8 000 recrutements d’enseignants sur la période 2024-2026 et souligne la faiblesse de la part consacrée à l’investissement dans le budget du secteur.
Pour une école, les différents instruments budgétaires correspondent à des besoins qui doivent avancer ensemble. Recruter des enseignants soutient l’encadrement pédagogique, tandis que construire et équiper des classes permet d’améliorer les conditions d’accueil. L’un ne rend pas l’autre inutile : une politique éducative doit pouvoir organiser à la fois les personnels, les locaux, les équipements et leur entretien.
Un fonds autonome soulève ainsi une question de fonctionnement autant qu’une question de volume financier. Son utilité dépendrait des ressources qui l’alimentent, des règles d’attribution, de la traçabilité des dépenses et de l’articulation avec les financements déjà mobilisés. L’annonce d’un projet ne signifie pas encore que ce mécanisme est créé ou que des versements sont disponibles.
La distinction entre engagements et paiements aide également à comprendre les annonces de construction. Une autorisation peut couvrir une opération sur plusieurs années. Les crédits de paiement correspondent aux sommes destinées à être réglées pendant un exercice. Réduire l’un ou l’autre n’a pas exactement le même effet sur la programmation d’un chantier.
Dans ce débat, les besoins des établissements restent le point de référence concret : disponibilité des salles, état du mobilier, accès aux équipements et présence effective des enseignants. Le calendrier des réalisations permettra de rapprocher les annonces nationales des conditions de scolarisation vécues dans les communes.
Le ministre présente la diversification des ressources comme une réponse structurelle. Sa proposition reste à distinguer des mesures budgétaires déjà arrêtées et des projets dont l’exécution est seulement envisagée.
Senegalinfos
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