Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a dévoilé un projet prévoyant le départ à l’étranger des Palestiniens vivant dans la bande de Gaza. Présentée le 3 septembre dans le cadre de la campagne électorale israélienne, cette initiative vise, selon ses déclarations, à faire partir 250 000 personnes en un an, puis le reste des quelque deux millions d’habitants en six années supplémentaires.
Le responsable du parti Force juive a publié une brochure de 20 pages consacrée à ce qu’il qualifie de « transfert volontaire ». Il affirme vouloir encourager l’émigration plutôt qu’imposer le départ des habitants. Il a également annoncé que son parti demanderait la création d’un ministère chargé de l’émigration lors de la formation du prochain gouvernement.
Des positions déjà exprimées au sein de la coalition
Cette proposition intervient alors que la question de l’avenir de Gaza occupe une place centrale avant les élections législatives du 27 octobre. D’autres membres du gouvernement israélien ont publiquement défendu des transferts de Palestiniens hors de l’enclave.
Le 2 septembre, le ministre de la Défense, Israël Katz, a ainsi déclaré qu’Israël était prêt à transférer des Palestiniens hors de Gaza si les États-Unis donnaient leur accord. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, avait pour sa part proposé en février d’étendre une telle mesure aux Palestiniens de Cisjordanie.
Condamnations et absence de mesure annoncée
Le gouvernement israélien n’a pas annoncé de mesure concrète mettant en œuvre ce projet. Itamar Ben Gvir a néanmoins assuré que son plan était réalisable et affirmé que plusieurs pays seraient disposés à accueillir des habitants de Gaza, sans les identifier.
Des médias israéliens ont jugé le projet irréalisable, notamment faute de pays connus prêts à recevoir la population de l’enclave. L’organisation israélienne de défense des droits humains Adalah a dénoncé une proposition « illégale » et « inhumaine ». Le déplacement forcé d’une population civile constitue un crime de guerre au regard du droit international.
La guerre déclenchée après les attaques du 7 octobre 2023 a déjà déplacé la majorité des habitants de Gaza, selon TV5MONDE. Le ministère de la Santé de Gaza fait état de plus de 73 000 morts dans l’enclave depuis le début du conflit.
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