Près de 200 pays se réunissent à Erevan, en Arménie, pour la 17e conférence des parties sur la biodiversité, organisée sous l’égide de l’ONU. Pendant deux semaines, cette COP17 doit mesurer l’avancement du cadre mondial de Kunming-Montréal et tenter d’accélérer la réponse à la déforestation, aux pollutions et à la surexploitation des ressources naturelles.
Jusqu’à 15 000 participants sont attendus, selon les organisateurs. La conférence intervient alors que les extinctions d’espèces, la détérioration des forêts et des récifs coralliens, ainsi que l’aggravation des catastrophes naturelles, renforcent l’urgence d’agir.
Un bilan préoccupant quatre ans après l’accord
Adopté lors de la COP15 à Montréal en 2022, le cadre de Kunming-Montréal fixe 23 objectifs à atteindre avant la fin de la décennie. Un premier état des lieux, rendu public jeudi, indique que presque toutes ces cibles accusent un retard.
Les engagements portent notamment sur la protection des espaces terrestres et marins, la diminution des aides publiques favorisant des activités dommageables pour la nature, la prise en compte des populations autochtones et la mobilisation de financements. Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a reconnu que les États n’étaient pas encore sur la bonne trajectoire et a appelé à convertir les engagements déjà adoptés en mesures effectives.
La question des financements au centre des discussions
Les subventions préjudiciables à l’environnement figurent parmi les dossiers les plus en retard. Les aides aux énergies fossiles sont évaluées à 2 600 milliards de dollars par an. L’accord international prévoit une diminution d’au moins 500 milliards de dollars par an d’ici à 2030.
Les transferts financiers des pays riches vers les pays en développement constituent un autre point de tension. Le ministre chinois de l’Environnement, Huang Runqiu, a évoqué un déficit mondial considérable de financement pour la biodiversité, tandis que les pays développés, dont l’Union européenne, cherchent à associer davantage la Chine et les grands pays émergents à cet effort.
Des résultats attendus sur les mesures concrètes
António Guterres a appelé à davantage de rapidité et de détermination. Pour Hambardzum Matevosyan, président de la COP17 et ministre arménien de l’Environnement, l’issue de la conférence dépendra de sa capacité à transformer les engagements politiques en actions vérifiables et en avancées mesurables.
Les négociations se déroulent dans un contexte de contraintes budgétaires, de recul de l’aide publique au développement au cours des trois dernières années et de crise du multilatéralisme. La COP17 précède de trois semaines la COP31 sur le climat, prévue en Turquie.
Ce que disent les lecteurs
Les contributions les plus récentes apparaissent en premier.
Soyez le premier à commenter
Lancez la discussion : votre avis peut aider d’autres lecteurs à mieux comprendre le sujet.
Écrire le premier commentaire