Le gouvernement français a présenté, vendredi 4 septembre, un plan d’environ 1,1 milliard d’euros destiné à l’agriculture, après un été marqué par les canicules, la sécheresse et les incendies. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a placé l’aide aux trésoreries et la relance de la production au cœur de cette réponse.
Selon les informations annoncées, certaines productions végétales ont enregistré des pertes de rendement pouvant atteindre 50 %, 70 % ou 80 %. L’élevage a également été affecté par le manque de fourrage, avec des pertes d’animaux signalées dans la filière avicole.
Indemnisation et allégements fiscaux
Le plan, nommé CASI pour Climat, Adaptation, Sécheresse, Incendie, prévoit 520 millions d’euros au titre de l’indemnisation de solidarité nationale, mécanisme public de compensation des pertes de récolte liées à des aléas climatiques exceptionnels.
Une enveloppe de 30 millions d’euros doit couvrir les pertes de fonds non assurables, notamment pour les plantations pérennes et les vignes. Un dégrèvement de taxe foncière sur les propriétés non bâties est aussi prévu pour les exploitations les plus touchées, pour un montant de 330 millions d’euros.
Soutenir la continuité de l’activité
Un « fonds de réarmement agricole » de 235 millions d’euros doit financer notamment l’achat de fourrage, les semis et l’indemnisation de dégâts liés aux incendies. Placé sous le pilotage des préfets, il doit être disponible dès la semaine suivante. Les préfets doivent consulter les organisations agricoles afin de préciser les bénéficiaires et les montants individuels.
Le dispositif inclut enfin 20 millions d’euros, attendus dès l’automne, pour renforcer la prise en charge des cotisations sociales auprès de la MSA, ainsi qu’un accompagnement social et psychologique renforcé.
Des attentes syndicales plus élevées
Les organisations agricoles avaient déjà alerté sur l’ampleur des difficultés. Les associations d’élevage de la FNSEA ont évalué à plus de 5 milliards d’euros le surcoût provoqué par le manque de fourrage. La Confédération paysanne réclamait pour sa part une aide directe de 5 000 euros par agriculteur, qu’elle estimait à 2 milliards d’euros au total. Les Jeunes agriculteurs ont proposé une contribution générale inspirée de l’« impôt sécheresse » instauré en 1976, afin de financer des investissements durables.
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