Mahamadane Sarr, directeur général de Lansar Auto, est en détention préventive depuis vingt mois dans une affaire comprenant notamment des poursuites liées à l’usage de faux en écriture publique et à une escroquerie présumée portant sur des deniers publics. Ses avocats ont déposé une douzième demande de mise en liberté provisoire, qui est en cours d’examen.
Selon Me Moustapha Mbaye, l’un de ses conseils, les principaux actes attendus dans l’instruction auraient déjà été réalisés. La défense considère que le dossier connaît désormais un ralentissement et conteste la nécessité du maintien en détention de son client.
La position de la défense
L’avocat fait également état de contestations sur des éléments de l’accusation. D’après lui, l’Agent judiciaire de l’État ne se serait pas opposé à la dernière demande de liberté provisoire, tandis que le Parquet maintiendrait son opposition.
La défense soulève par ailleurs la question des responsabilités dans un dossier relatif, selon les poursuites, à des deniers publics. Elle estime que les conditions dans lesquelles d’éventuels paiements irréguliers auraient pu être effectués devraient être éclaircies, y compris quant à l’identification de possibles coauteurs ou complices.
Des interrogations sur les véhicules saisis
Les avocats de Mahamadane Sarr demandent aussi un état détaillé des véhicules de Lansar Auto saisis au début de la procédure. Des informations évoquées dans le dossier, selon la défense, suggéreraient que certains de ces véhicules auraient été remis en circulation ou auraient fait l’objet d’opérations sous l’égide de l’Office national de recouvrement des avoirs criminels.
Me Moustapha Mbaye indique que la défense envisage d’interpeller officiellement l’ONRAC afin de vérifier les conditions de gestion de ces biens. Elle n’exclut pas de saisir la justice si des irrégularités étaient établies.
Une activité affectée, selon les avocats
La défense affirme enfin que l’arrestation du dirigeant et les saisies ont fortement perturbé le fonctionnement de Lansar Auto. Des travailleurs auraient cessé leur activité, avec des conséquences pour leurs familles. Mahamadane Sarr reste dans l’attente de la décision du juge sur sa douzième requête de liberté provisoire.
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