Le montant de la réparation réclamée par la famille de Fallou Sène a occupé une place importante dans les débats devant le tribunal militaire, vendredi 30 octobre. Les proches de l’étudiant tué à l’Université Gaston-Berger de Saint-Louis en mai 2018 demandent 200 millions de FCFA de dommages et intérêts. L’agent judiciaire de l’État a contesté cette somme, qu’il juge excessive.
À cette demande s’ajoutent les 50 millions de FCFA sollicités par la Coordination des étudiants de Saint-Louis. Le total des réparations réclamées atteint ainsi 250 millions de FCFA. Les parties civiles défendent la reconnaissance du préjudice subi par la famille et par les étudiants, tandis que le représentant de l’État discute l’évaluation financière qui en est faite.
Les circonstances des tirs au cœur des débats
Au-delà du désaccord sur l’indemnisation, l’audience a porté sur les conditions dans lesquelles le militaire poursuivi a fait usage de son arme le 15 mai 2018. Le prévenu a reconnu le tir et invoqué l’urgence de la situation. Il a affirmé avoir effectué des tirs de sommation avant de diriger un autre tir vers les membres inférieurs de la foule.
Cette explication a été contestée par les avocats des parties civiles. Ceux-ci ont notamment interrogé le recours à un fusil d’assaut pour une opération de maintien de l’ordre face à des étudiants. Les débats ont ainsi opposé la version présentée par le militaire à l’analyse défendue par les représentants de la famille et des étudiants.
Les parties civiles ont également soulevé la poursuite de la carrière du prévenu depuis les faits. Elles ont évoqué son avancement et l’absence de sanction disciplinaire interne. La défense a, de son côté, plaidé la relaxe en invoquant l’état de nécessité.
Une décision attendue le 27 novembre
Le parquet a requis un an d’emprisonnement, dont six mois ferme, pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Cette réquisition constitue la peine demandée par l’accusation ; elle ne vaut pas condamnation.
Le tribunal militaire a mis l’affaire en délibéré au 27 novembre. Il lui appartient de se prononcer sur la responsabilité du prévenu ainsi que sur les demandes civiles. Les montants de 200 et 50 millions de FCFA restent donc, à ce stade, des sommes réclamées par les parties civiles et non des indemnités accordées par la justice.
Sénégalinfos
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